Histoire
L'équipe de Guadeloupe de football (Sélection de la Guadeloupe de football) n'est pas une équipe nationale mais une sélection de joueurs guadeloupéens, gérée par la Ligue guadeloupéenne de football (LGF), laquelle est placée sous l'égide de la FFF.
Ses matchs ne sont pas officiels, la LGF n'étant pas affiliée à la FIFA. En tant que membre de l'UFC et membre de la CONCACAF, elle participe à la Coupe caribéenne des nations et, le cas échéant, à la Gold Cup : demi-finaliste en 2007, quart-de-finaliste en 2009, éliminée au premier tour en 2011 et en 2021.
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Dans l'ombre de la Martinique
La sélection de la Guadeloupe est née de la rivalité avec la Martinique dès les années 1930. La Guadeloupe jouera presque exclusivement contre la Martinique de 1934 à 1961. Une "Coupe des Caraïbes" est organisée en 1948 dont le tour final est disputé en Guadeloupe. La sélection locale se débarrassera de Haïti (1-0) et de la Guyane (7-2) avant de battre 3-0 en finale, le 20 décembre 1948, la Martinique (buts de Jacques, Veuky et Sornier). Il faudra attendre trente ans (1978) pour retrouver une Coupe des Caraïbes, cette fois-ci devenue officielle.
La Guadeloupe participera à sa première phase finale en 1981. C’est cette même année et en 1985 qu’elle terminera troisième du tour final, toujours dans l’ombre de la Martinique (victorieuse en 1983 et gardant son titre en 1985). En 1987, 1990 et 1992, la Guadeloupe remportera le Tournoi des Black Stars, disputé annuellement à Paris.
C’est lors du même tournoi qu’elle rencontrera sa première équipe située hors de la CONCACAF, le Togo (2-1). Le 17 mars 1989 à Pointe-à-Pitre, la Guadeloupe perd 2-0 devant le Paraguay. À ce jour, elle n’a rencontré que trois sélections hors CONCACAF (Togo ‘88, Paraguay ‘89 et Congo ‘92).
En 1993, la Martinique bat sèchement la Guadeloupe (4-1) en poule de qualification, remporte la Coupe devant la Jamaïque en finale (aux tirs au but), devenant du même coup la première sélection franco-antillaise à se qualifier pour la Gold Cup. En 1994, la Martinique bat la Guadeloupe (4-2) en demi-finale, Guadeloupéens et Martiniquais prenant finalement les 3e et 2e places, respectivement. La Coupe des Caraïbes changera de nom en 2007, pour s’appeler Digicel Cup. La Guadeloupe court toujours après le titre caribéen depuis 1948.
Un appel aux professionnels métropolitains
Emmenée par Jocelyn Angloma, la Guadeloupe se qualifie pour la Gold Cup 2007, la première de son histoire, le 18 janvier 2007, grâce à sa victoire sur Saint-Vincent (1-0) puis sa 4e place à la Digicel Cup 2007. Pour cette compétition qui se déroulera aux États-Unis du 6 au 24 juin 2007, elle fera pour la première fois appel à des footballeurs professionnels guadeloupéens évoluant en métropole. Dans les rues de Pointe-à-Pitre, mis à part les amoureux du ballon rond qui trépignent déjà à l’idée de voir à l’œuvre leurs sélection, peu de gens savent réellement l’importance et le prestige d’un tel événement à travers la région caraïbe et nord-américaine. Les hommes de Roger Salnot, de leur côté, n’ont que faire des on-dit. Ils ont déjà plongé dans la compétition. Leur sélectionneur n’a pas eu besoin de les motiver.
« Les gars sont conscients de l’enjeu, de la chance qu’ils ont de pouvoir côtoyer ce niveau. Arriver là, c’est une consécration. Une chance à saisir, notamment pour ceux qui souhaitent se faire remarquer. Collectivement même si on termine 4e et dernier de notre poule, ce sera bien. Nous ne nous mettrons aucune pression inutile. Seulement celle de bien faire... et de ne pas être ridicule », déclare Jocelyn Angloma, l’ancien international français, dans les colonnes du bimensuel ultramarin Rootsports. Les joueurs guadeloupéens sont extrêmement motivés et enthousiastes.
« Sur le papier, il faut être réaliste. Nous avons très peu de chance de nous qualifier. Dans notre groupe des formations nationales telles que le Canada, Haïti et surtout le Costa Rica nous sont supérieures. Maintenant une bonne entame de tournoi peut nous ouvrir les portes du rêve. Nous sommes conscients d’être le petit poucet de la compétition. Je pense toutefois que viser des quarts de finale est un objectif censé », émet Franck Louis, conseiller technique régional de la Guadeloupe depuis septembre 1999. Jocelyn Angloma abonde dans le même sens, toujours dans Rootsports, lorsqu’il déclare que : « Le tirage au sort de notre poule avec Costa Rica, Canada et Haïti, est très difficile [...] Nous y allons pour jouer notre va-tout. Pour faire bonne figure. Même si nous restons réalistes. Nous sommes bien sûr, sur le papier, la formation la plus faible des quatre. Mais c’est bien connu, le football peut parfois conduire à des surprises. »
Pour Franck Louis, il ne fait aucun doute que la sélection antillaise va défendre son blason. Dans les hautes sphères du football local, une stratégie d’intégration de joueurs professionnels évoluant en Europe avec de jeunes talents locaux a été défendue, afin d’arriver à rivaliser avec des sélections nationales. « On attend de joueurs professionnels qu’ils apportent leur rigueur, leur professionnalisme dans la préparation, l’entame et la gestion des moments forts d’un match. Nos joueurs locaux sont loin d’être des manchots techniquement, mais la venue des pros doit leur permettre de passer un palier. Ils vont être rassurés. Ils vont bénéficier de l’expérience de leurs coéquipiers plus habitués aux rendez-vous à enjeux. Amateurs et professionnels vont aussi prendre conscience des qualités des uns et des autres. Cette rencontre ne peut qu’être bénéfique à l’ensemble de l’équipe » avance Franck Louis.
Qualification pour le 2e tour
La Guadeloupe tombe dans le groupe A, avec le mondialiste de 2006, le Costa Rica, le Canada et Haiti. Elle joue son premier match face à Haiti le 6 juin au Miami Orange Bowl devant plus de 17 000 spectateurs (ce qui est néanmoins faible par rapport à la capacité du stade, qui est de 74 000 places). Haiti ouvre le score grâce à Mones Chery sur pénalty à la 36e minute. Mais en deuxième période, Cédrick Fiston marque un superbe but en réalisant une reprise de volée horizontale qui trompe le gardien Haitien. Le chronomètre pointe alors la 54e minute. Les deux équipes se séparent sur le score de un but partout.
Trois jours plus tard, la Guadeloupe affronte cette fois le Canada, toujours au Miami Orange Bowl, devant 25 000 personnes. La Guadeloupe ouvre le score grâce à son joueur vétéran Jocelyn Angloma, l'ancien international français. En effet, il marque un but somptueux des 25 mètres, excentré, en faisant une chandelle qui lobe le gardien canadien, trop avancé, à la 9e minute du match.
Vingt-cinq minutes plus tard, les Canadiens égalisent grâce à Ali Gerba, bien seul dans l'axe, qui ajuste magnifiquement Franck Grandel d'une puissante reprise de volée. Mais trois minutes plus tard seulement, le tourangeau David Fleurival fait un raid au milieu du terrain avec le ballon et, à 20 mètres du but, frappe fort et trompe le portier canadien au ras du poteau. La Guadeloupe créé la sensation en s'imposant 2-1.
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